Pourquoi et comment renégocier son prêt immobilier ?

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Malgré de récentes et consécutives hausses du TAEG moyen en ce début d’année 2020, la dynamique ne devrait pas perdurer, les banques pratiquant aujourd’hui des taux historiquement bas pour les emprunts. Elles mènent en effet une dure concurrence pour, au choix, conserver leur clientèle ou attirer de nouveaux profils, si bien que cela confère une grande marge de négociation au consommateur… pour peu que l’on s’y prenne comme il faut ! Retrouvez donc tous nos conseils pour la renégociation de votre prêt immobilier ci-dessous.

Pourquoi renégocier son crédit immobilier maintenant ?

La baisse des taux constitue certainement un premier argument massue, vous permettant de faire jouer la concurrence afin de diminuer la pression financière. Cela peut également être le moyen de faire face à un évènement ayant un impact financier, comme une naissance, un mariage ou un divorce, ou encore les études supérieures onéreuses des enfants.

En cas de difficultés de remboursement, cela peut vous permettre d’éviter le fichage à la Banque de France, ultra pénalisant ; effectivement, les dettes imputables au prêt sont également rachetées, ce qui vous ne met pas en porte-à-faux auprès du nouvel établissement prêteur.

Enfin, si cela vous guette depuis un moment, c’est la bonne occasion de changer de banque ! Outre l’offre de prêts immobiliers, vous pouvez alors comparer plus généralement les produits et services proposés par la banque, ainsi que les tarifications applicables. Ce, d’autant plus qu’il vous est possible de renégocier votre prêt immobilier à volonté.

  • Deux choses à prendre en compte néanmoins : en cas de rachat par un établissement tiers, des frais s’appliquent. De même, vos capacités de remboursement seront de nouveau vérifiées afin de s’assurer que votre situation actuelle corresponde toujours aux termes du remboursement.

Les trois règles de la renégociation

Même si un prêt visiblement moins cher apparaît attractif, il est important d’observer trois paramètres pour s’assurer de la rentabilité de l’opération :

  1.     L’écart entre le taux actuel et le taux final. Pour que l’opération de rachat se révèle suffisamment attractive, on considère que l’écart doit être de l’ordre de 0,70% à 1%. Cela vise également à combler les frais incombant à un rachat, comme le remboursement anticipé.
  2.     La durée de remboursement restante. Il est préférable de renégocier son prêt lors du premier tiers de remboursement, car c’est bien au début de cette période que le paiement des intérêts est le plus élevé. Vous pouvez vous référer au tableau d’amortissement pour constater vous-même la période de renégociation la plus propice.
  3.     Le montant restant à rembourser. Puisque la renégociation repose sur des pourcentages, il est important que la somme à laquelle ils s’appliquent soit suffisamment conséquente. On privilégiera alors un minimum de 70 000 euros.

Aussi, lors de la renégociation, n’hésitez pas à parler du taux de l’assurance du prêt, qui est certainement l’un des plus élevés. La concurrence est également rude sur ce point.

La marge de négociation : quelles sont mes possibilités ?

Négocier directement avec son banquier

Il est possible que vous soyez dans votre banque depuis un moment, ou encore que vous entreteniez de bonnes relations avec votre conseiller. Dans ce cas, il peut être intéressant de passer directement par lui, qui appréciera d’autant plus ce geste de fidélité. Cela vous permet d’éviter un certain nombre de frais pour le rachat, notamment le remboursement anticipé.

  • Sachez tout de même vous montrer prévoyant. Certains clients font état, après renégociation avec leur propre banque, de l’établissement de « frais de dossier » supplémentaires. Le cas échéant, pensez également à négocier ce point avec votre conseiller.

Négocier avec un autre établissement bancaire

La concurrence s’offre à vous, et qu’elles soient banques en ligne ou physiques, ces établissements regorgent d’offres attractives pour attirer sans cesse de nouveaux clients. A vous, donc, de comparer les différentes offres, tout en accordant systématiquement une place à la négociation si les termes de votre crédit apparaissent lucratifs, comme un montant élevé. Vous devrez toutefois honorer les frais imputables au rachat de crédit, aussi les 3 règles précédemment évoquées sont-elles d’autant plus importantes.

Faire appel à un courtier en banque

Dernière solution si vous manquez de temps : transitez par un courtier, lequel représente un intermédiaire entre vous et les établissements bancaires. Il dispose donc d’une formidable expérience, d’une expertise sur la situation du marché et d’un grand carnet d’adresses, ceci afin de vous dégoter les conditions les plus favorables pour le rachat de votre crédit immobilier.

  • Attention toutefois : bien que certains courtiers soient gratuits (alors en association des banques), la grande majorité implique des frais de courtage, entre 900 et 1500 euros en moyenne comme le rappellent LesFurets. Néanmoins, n’hésitez pas à négocier avec la banque pour que les frais de courtage viennent se substituer aux frais de dossier, puisqu’il s’agit là d’une pratique courante dans la négo.

En conclusion : profitez-en, ça ne devrait pas durer !

Comme le dévoilent de récentes analyses de la Banque de France – et ainsi que semblent confirmer le commentaire de plusieurs hauts responsables bancaires – une situation aussi favorable n’est pas appelée à se prolonger bien longtemps. Effectivement, sur le long-terme, elle apparaît lourde de conséquences pour les banques, qui voient leur rentabilité chuter, d’autant plus si les taux venaient à regrimper. Elles seraient alors confrontées à des impératifs de refinancement conséquents, tout en devant assumer le coût de crédits peu chers.

  • En somme, n’attendez pas et faites dès maintenant jouer la concurrence pour profiter d’un crédit immobilier avantageux.